Une agriculture au service de la biodiversité
L’association possède le titre d’exploitation agricole. Il s’agit d’une particularité assez unique dans le monde naturaliste qui lui permet d’être une structure opératrice sans besoin de recourir à des prestataires. Elle utilise ainsi une agriculture paysanne douce et raisonnée pour entretenir des milieux qui péricliteraient sans aucune intervention humaine. Voici quelques exemples de méthodes de gestion appliquées par l’association.
Le pâturage extensif
L’association est le propriétaire d’un petit troupeau d’une douzaine de vaches Bretonnes pie noir, une race bretonne, rustique et bien adaptée aux terrains humides de Langazel. Grâce à ces vaches, près de 20 ha de prairies humides et de landes sont entretenus chaque année par pâturage extensif. Les animaux y jouent un rôle de contrôle des arbres en se nourrissant des jeunes pousses et maintiennent ainsi l’habitat à l’état de prairie.
Dans la même logique, un cheptel mixte de moutons de Ouessant et Landes de Bretagne appartenant à l’association vit en écopâturage sur les pentes du château de La Roche Maurice.

Une fauche pas comme les autres
Tout comme le pâturage, la fauche est un moyen utilisé pour ralentir la progression de la végétation dans certains mileux naturels. Cependant, contrairement à la fauche agricole conventionnelle, la technique utilisée à Langazel permet de limiter significativement les impact de cette mécanisation nécessaire.
En effet, dans le périmètre de la zone humide, la fauche est dite tardive, différenciée et centrifuge. Tardive car elle intervient après le 1er juillet, laissant ainsi toute la période du printemps et du début de l’été pour que la biodiversité puisse réaliser ses cycles (reproduction, alimentation, floraison, etc).
Différenciée ensuite car, sur de grandes étendues de prairie, la parcelle est subdivisée en portions. Chaque année, seule une partie de ces portions est fauchée. Les autres sont laissées en herbe et ne seront fauchées que l’année d’après. Cette alternance permet une fauche complète de la parcelle sur 2 ou 3 ans selon le nombre de portions, créant ainsi toujours des zones refuges intactes pour la faune et flore.
Enfin, le terme centrifuge renvoit à la façon de pratiquer la fauche. Il signifit « qui fuit le centre » et décrit l’action du tracteur fauchant d’abord au centre de la parcelle puis s’etendant progressivement vers les extérieurs. De cette façon, on permet aux éventuels petits animaux dérangés de fuir vers les zones refuges tout en restant à couvert.

Le bocage
Afin de préserver la qualité paysagère du site, le réseau de chemin creux, de haies bocagères ainsi que la ligne moyenne tension du Réseau de Transport Electricté longue de 1.5km, sont exclusivement entretenus manuellement par les salariés de l’association et les chantiers bénévoles. Cette implication pour une gestion des espaces naturels respectueuse de l’environnement, s’est vue récompensée par le prix spécial « Biodiversité et patrimoine bocager » lors du concours général agricole, volet agroforesterie et bocage, organisé par le Syndicat des Eaux du Bas-Léon en 2022.




