La chauve-souris trouve refuge à la pointe bretonne

Jean-Marc Rioualen, représentant du Groupe mammalogique breton et Alexandra Guilloré, conseillère régionale, entourés de Vincent Le Viol, gestionnaire de Langazel, Vincent Willefert, président de l’association Langazel, et Morgane Quentric-Bowman, maire de Ploudiry. (Photo Le Télégramme/Laurent Aquilo)

De nombreuses communes du pays de Brest accueillent désormais un refuge pour les chauves-souris, mammifère dont le nombre est en diminution.

Selon les spécialistes, ce n’est pas loin d’être la meilleure moustiquaire du monde. « Une chauve-souris peut ingurgiter jusqu’à 2 500 moustiques dans sa nuit », précise Jean-Marc Rioualen, du Groupe mammalogique breton, qui étudie de près cet étrange animal, parfois un peu effrayant, dont la réputation n’est pas à la hauteur des qualités. « Il faut d’abord souligner que les chauves-souris sont purement insectivores. Et que ce sont d’excellents indicateurs qui nous renseignent sur la bonne santé du milieu ». Qui nous renseignaient, serait-on tenté de dire, puisque certaines espèces, parmi les plus courantes, voient leurs effectifs fondre comme neige au soleil, d’après les comptages effectués par l’association. « En une vingtaine d’années, on a perdu 60 % de la population de pipistrelles communes », confirme le spécialiste.

Actions de sensibilisation

C’est pourquoi le Groupe mammalogique, qui a vocation à protéger les mammifères dans la région, s’est lancé dans un grand programme de protection des chiroptères, via le programme « Refuge pour les chauves-souris », permettant aux particuliers ou à certaines collectivités d’améliorer les conditions d’accueil de ces étranges petites bêtes. Il en existe 236 en Bretagne aujourd’hui, pour un programme lancé en 2006, basés sur « un contrat moral » qui passe évidemment par une sensibilisation des locaux, mais aussi des visiteurs, face aux précautions nécessaires pour ne pas troubler des mammifères fragiles et vite effrayés. « Les communes sont également incitées à moins éclairer la nuit, car certaines espèces ont une sainte horreur de la lumière ».

Une protection qui porte ses fruits

Car si les espèces arboricoles trouvent encore des creux où s’abriter, la crise du logement se fait plus souvent sentir chez les locataires des vieilles demeures bretonnes. La faute à la rénovation, aux plaques de plâtre, à des joints mieux garnis, éliminant les anfractuosités dans lesquelles les chiroptères aiment à s’installer et à hiverner. Plus sûrement encore, c’est l’utilisation des pesticides qui conduit depuis une vingtaine d’années à la raréfaction des chauves-souris dans la nuit bretonne. Une tendance négative qui n’est cependant pas irréversible. « Pour certaines espèces, les mesures de protection marchent très bien », constate Jean-Marc Rioualen, confirmant que le maintien de la biodiversité est avant tout affaire de volonté.

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