À Trémaouézan, la tourbière de Langazel change de dimension

Avec l’aide financière accordée par la Région, Vincent Le Viol, le gestionnaire de la réserve de Langazel, espère pouvoir bénéficier de moyens supplémentaires pour mieux faire connaître cet espace remarquable. (Le Télégramme/Laurent Aquilo)

Future réserve naturelle régionale, la zone humide de Langazel, à Trémaouézan, va bénéficier d’un nouvel élan en termes de protection et de notoriété.

Un classement prévu pour 2023

« Ce nouveau statut, c’est d’abord la reconnaissance du travail engagé depuis plus de 40 ans par l’association », se félicite Vincent Le Viol, salarié gestionnaire d’une zone qui accueille la plus ancienne tourbière de Bretagne, âgée de 12 000 ans, mais également la source de l’Aber-Wrac’h, lui conférant une importance capitale en termes de protection de la qualité des eaux. Des éléments, auxquels il convient d’ajouter une biodiversité importante, tant faunistique que floristique, qui ont conduit l’assemblée régionale à choisir l’automne dernier la zone humide de Langazel parmi les quatre projets retenus sur les onze qui leur avaient été soumis.

 Une aire de protection étendue

Située en grande partie sur le territoire de la commune de Trémaouézan, mais également sur Ploudaniel et, pour une parcelle, sur Plouédern, la zone humide de Langazel élargit, au fil du rachat de terres par le Conseil départemental, son périmètre de protection. « Aujourd’hui, 145 ha appartiennent au Conseil général, l’objectif est de protéger une zone de 17 à 200 ha », explique Vincent Le Viol. Pour cela, des discussions sont en cours avec des propriétaires privés, essentiellement sur Ploudaniel, pour élargir le périmètre de protection. « L’avantage, c’est que cela fait 40 ans qu’on est là, et dans l’ensemble, on est bien reçu ».

Des moyens d’intervention accrus

La classification en zone naturelle régionale s’accompagne évidemment d’aides financières pour permettre de répondre aux exigences de préservation des lieux. « On va pouvoir recruter un troisième salarié et augmenter le nombre d’animations », confirme Vincent Le Viol, qui œuvre au quotidien avec Vincent Borgne, agent d’entretien. Mais entre la gestion administrative, le suivi de dossiers et l’entretien de la zone et des animaux, le temps est compté pour les deux salariés de l’association. Le passage en zone naturelle régionale va permettre également aux salariés d’exercer des pouvoirs de police afin de mieux veiller encore à la protection d’un site qui reste fragile.

De nouveaux outils pédagogiques

S’il existe déjà un circuit de randonnée balisé et un sentier d’interprétation de la tourbière sur la zone, d’autres panneaux pédagogiques seront installés dès cette année, en concordance avec des travaux d’aménagement. « Nous allons mettre en place une plateforme d’interprétation des mares. La plateforme sera posée cet été et les panneaux à l’automne », explique Vincent Le Viol. Le projet porté par la mairie de transformer l’ancienne gare désaffectée en maison de la réserve procède aussi de cette volonté de conforter l’aspect pédagogique du lieu.

 Une notoriété croissante

« En termes de biodiversité mais aussi d’attractivité, c’est intéressant. Trémaouézan n’est parfois connu que par Langazel ». Pour le petit bourg résidentiel d’à peine plus de 500 habitants, dépourvu de commerce et situé à quelques kilomètres de Landerneau, le tourisme vert est une occasion de concilier un peu d’animation et de reconnaissance au plan local, tout en préservant la tranquillité de ses habitants. Une certitude : les premières annonces ont déjà eu un impact assez net sur la fréquentation d’un site qui mérite le détour.

https://www.letelegramme.fr/finistere/landerneau/a-tremaouezan-la-tourbiere-de-langazel-change-de-dimension-05-05-2022-13013161.php

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